Ce poème engagé explore la figure des sorcières comme un symbole de révolte et de mémoire des femmes disparues. Une incantation poétique qui donne voix à celles qu’on a voulu faire taire.

Des bûchers pour nous réduire en cendres.
Mais voici les sorcières du siècle d’après,
Celles que vous n’avez pas attraper
Et que vous n’avez jamais voulu entendre. 

Vous avez creusé nos tombes
Mais nos incantations vont faire danser vos ombres.
On marche pour celles qu’on n’a jamais revues. 
Nous levons une armée pour toutes les disparues.
Pour celles parties en fumée mais jamais oubliées,
Alors tremblez car l’heure de la vengeance a sonné. 

Nos malédictions vont hanter vos rangs. 
Vous, habitués à faire couler le sang.
Nos grimoires sont remplis de ratures, 
car vous avez tenté de réécrire l’Histoire 

Et quand gronde l’orage, nous chevauchons nos balais
A la recherche des visages qui nous ont si longtemps traqués. 

C’est à Salem que tout a commencé,
Mais aujourd’hui nous allons régner sur un monde 
Où les cris de nos soeurs vous feront trembler.

La chasse aux chasseurs est déclarée : 
Bienvenue sur le banc des accusés. 
Il vous faudra bien plus que des prières 
Pour échapper à la sentence des sorcières.


J’ai écris ce texte pour celles qu’on a voulu faire taire : les disparues, les oubliées, les ignorées ou encore celles que l’Histoire a tenté d’effacer. Les sorcières sont une figure mythique mais ici, je les ai voulu Incarnation de la révolte.

Durant mon enfance puis mon adolescence, j’ai suivi avec passion la série Charmed, fascinée par ces sorcières modernes qui combattaient les démons en talons aiguilles et en jonglant avec leurs vies personnelles. De plus, cette série était pionnière dans la mise en avant des femmes en tant qu’héroïnes badasses. A travers l’image des sorcières, je cherche à donner vie à ces femmes puissantes, indépendantes, souvent persécutées pour leur savoir ou leur liberté. Le champ lexical de la sorcellerie offre de nombreuses possibilités dans l’écriture, c’était un exercice intéressant, me plongeant dans le mood de l’automne.

La figure des sorcières ramène également au fait que le combat des femmes est un combat intergénérationnel mené par nos mères, nos grands-mères et nos aïeules encore plus anciennes. C’est donc aussi un rappel que les voix des femmes effacées par le passé continuent de résonner. Ce poème engagé se veut rappel que le combat n’est jamais terminé.

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