
Pour ce premier bavardage, je voulais m’attaquer à une question fondamentale : pourquoi j’écris ?
Cette question semble banale, presque idiote. Des dizaines de réponses viennent en tête mais cette question a traversé chaque personne qui partage cette passion. Moi, je me la pose souvent. Pourquoi je passe (presque) tout mon temps libre dans mes carnets, à les remplir sans cesse. Des tonnes de mots jamais lus, que je garde farouchement pour moi. Par peur ou par envie, je ne sais pas trop, mais cela ne m’arrête pas. Alors pourquoi j’écris ?
Après moultes réflexion, j’ai un début de réponse :
Ecrire pour se libérer
Avec des journaux intimes, du journaling ou comme moyen thérapeutique, l’écriture peut être libérateur. Coucher ses fardeaux sur le papier, c’est déjà les alléger. Les maux deviennent mots et l’esprit se soulage. Nos ressentis prennent forme et nous permettent aussi de comprendre. Les phrases tracent des cartes qui donnent du sens à ce qui semble chaotique. Le silence de la page offre la logique que le tumulte du monde nous refuse. C’est un rendez-vous avec nous-même, une pause pour prendre du recul et de la distance pour mieux comprendre ce qu’on ressent ou ce qui nous arrive. L’écriture est aussi proposée en thérapie sous forme de journal ou de lettre et j’ai déjà utilisé ce moyen pour aller mieux. Cela m’a beaucoup aidé et cela m’a permis d’avancer.
Ecrire pour transmettre
Un destin, un passé, une conviction. Partager et transmettre ses idées, son point de vue, son histoire. Laisser une marque de son passage qui murmure “j’étais là”. Utiliser les mots comme un sceau de notre passage, de notre pensée. Un témoignage sur un événement, sur une période ou simplement sur un quotidien. Parfois même pour transmettre simplement des nouvelles, qui grave dans la pierre qu’on pense à quelqu’un, qu’on a envie -besoin – d’échanger.
Ecrire pour rêver et voyager
La plume invente des royaumes, des visages, des destins. Elle fait naître l’invisible, l’incroyable, ce qui n’existait pas encore. Elle donne de l’encre à l’imagination. L’auteur invente un monde, des personnages, des lieux. Le lecteur les visite, les rencontre, les adopte. Leurs imaginations entrent en symbiose et chacun fabrique sa version du récit. Donner vie et corps à une idée qui fait voyager un inconnu, c’est la beauté de l’écriture. C’est ce en quoi j’aspire profondément, même si pour l’instant, tout cela n’est qu’à l’étape du rêve. Grâce à l’écriture, l’écrivain donne vie à des personnages, des histoires parfois touchantes, parfois romanesques ou terrifiantes. L’écriture n’a pas de limite et permet de visiter des thèmes qu’on ne connaît pas.
Ecrire pour réfléchir
Parfois, une histoire qu’on a en tête est si éloignée de ce que l’on connaît, que nous sommes obligés de prendre du recul et de se poser des questions que nous n’aurions pas imaginer. Un métier qui nous est inconnu, un trait de personnalité indomptable. J’aime cette partie de l’écriture : imaginer la bonne réaction, la réplique crédible alors que jamais ô grand jamais je n’aurai dis ou fais ce genre de chose. Se glisser dans la peau d’un personnage en laissant de côté nos convictions et nos principes est un exercice très difficile mais tellement stimulant. Une même scène a plusieurs versions et les points de vues sont multiples : les faits interprétés par nos émotions, nos ressentis ou nos vécus. Chaque personnage interprétera une même scène d’une manière différente.. Le prisme de la perception est un élément tellement subjectif et complexe que s’y frotter relève parfois du défi. Alors quand on créée un monde de A à Z, comme avec la fantasy par exemple, écrire les règles n’est pas si simple que cela. Même si cela relève du domaine de l’imaginaire, il faut rester dans le domaine du crédible dans les réactions, les actions. Les règles changent mais les évolutions doivent s’aligner, suivre une nouvelle logique que nous devons établir nous même. Je pense que c’est l’exercice que je préfère dans la fantasy/romantasy et c’est pour cela que je n’écris que ce type d’histoires depuis plusieurs années : le worldbuilding (j’écrirai prochainement un article sur ce sujet). Construire un univers, rebattre les cartes pour définir de nouvelles règles. Inventer même une nouvelle géographie, tout est possible et c’est incroyablement exaltant. Mais il faut se tenir aux règles que nous avons définies en amont, cette liberté de créer un monde provoque parfois de sacré casse tête quand nos propres règles nous entrave. Je me fais parfois des nœuds au cerveau pendant des jours avant la “révélation”, l’explication qui débloque tout. Cette réflexion me stimule et j’adore ça.
Ecrire pour soi
Se créer un rendez-vous avec soi-même, une parenthèse pour faire ce que l’on aime. Un moment hors du temps, loin du quotidien écrasant ou fatiguant. Ecrire cette histoire qui nous trotte sans cesse dans la tête depuis des mois, laisser aller nos états d’âmes, à l’abri du vacarme extérieur. Ecrire une lettre pour partager un moment, un ressenti ou proposer des explications. Ecrire de jolies rimes qui portent un message. J’aime ces moments de calme où je laisse les tracas de côté pour créer quelque chose. Je pense que c’est l’effet que ressens chaque personne qui pratique une activité créative : le temps suspendu pour faire ce que l’on aime et ensuite la fierté de voir ce qu’on a été capable de faire. Pas besoin d’écrire une brique de mille pages pour être fier. Parfois, j’écris trois vers sur une heure et j’aime ce que j’ai fais. Cela m’apporte du bonheur, de la fierté et l’impression d’avoir utilisé correctement mon temps.
Finalement, toutes ces raisons convergent vers une raison simple : on écrit parce qu’on en a envie, peut-être même besoin. Parce que trouver le bon mot ou la rime qui sonne est un travail exaltant. Parce que construire une histoire du début à la fin est vertigineux. Remplir des pages, c’est un plaisir pur, intime et vital. Comme on respire, comme on rit et comme on rêve. Pour ceux qui aiment l’écriture, c’est naturel, évident. Ce n’est pas seulement une nécessité, c’est une joie. Et c’est, je pense, la plus belle raison qui soit.
Et vous, pourquoi écrivez-vous ? Pour une raison en particulier, pour tout à la fois ou même sans aucune raison, juste le plaisir ? Dites moi tout !
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